Matin de décembre
samedi 13 décembre 2008
Lilith
La pleine lune représente pour moi le jour dans la nuit.
Quand on observe les choses à la lumière de sa rondeur, tout devient plus clair.
Les ombres prennent un relief qui révèle une autre vérité de l'intérieur des choses et des êtres.
A la pleine lune, le caché se dévoile.
Les réponses aux questions des jours précédents surgissent avec simplicité, les illusions de la nuit s'estompent.
On distingue mieux les chemins .
jeudi 11 décembre 2008
lundi 8 décembre 2008
Message du chien

Il fut un temps où mon coeur ne bondissait plus dans ma poitrine et ne produisait plus les étincelles joyeuses qui rendent la vie pétillante. La flamme paraissait avoir été éteinte par un raz de marée qui venait d'engloutir ma vie, me plongeant dans l'errance d'une nouvelle quête.
Durant ma marche dans le désert, quelques comètes ont traversé mon ciel, éclairant les illusions d'une nuit que je croyais éternelle.
Progressivement, je me suis rapproprié ma vraie nature. J'ai accepté ce que je refusais avant, mais j'ai aussi refusé ce que j'acceptais trop souvent dans cet "avant" parsemé de souffrances et de faux semblants.
J'ai appris à être de plus en plus fidèle à ce que je suis, envers et contre moi-même.
Cet apprentissage a beaucoup exigé mais m'a montré l'essentiel : malgré les discordes et les caprices de la vie, il m'est impossible de ne plus aimer ceux que j'ai aimés. Mon coeur ne peut oublier les chemins qui mènent à eux, ils sont gravés en moi.
Parfois mon âme leur rend visite et rapporte quelques souvenirs de réconciliation et de pardon qu'elle dépose dans mes rêves comme des cadeaux précieux.
Durant ma marche dans le désert, quelques comètes ont traversé mon ciel, éclairant les illusions d'une nuit que je croyais éternelle.
Progressivement, je me suis rapproprié ma vraie nature. J'ai accepté ce que je refusais avant, mais j'ai aussi refusé ce que j'acceptais trop souvent dans cet "avant" parsemé de souffrances et de faux semblants.
J'ai appris à être de plus en plus fidèle à ce que je suis, envers et contre moi-même.
Cet apprentissage a beaucoup exigé mais m'a montré l'essentiel : malgré les discordes et les caprices de la vie, il m'est impossible de ne plus aimer ceux que j'ai aimés. Mon coeur ne peut oublier les chemins qui mènent à eux, ils sont gravés en moi.
Parfois mon âme leur rend visite et rapporte quelques souvenirs de réconciliation et de pardon qu'elle dépose dans mes rêves comme des cadeaux précieux.
lundi 1 décembre 2008
L'île au nord
Le bateau tourmenté se déchire contre les assauts d'aquatiques murs lunatiques.
Sa coque craque et gémit tandis qu'il pourfend les flots malgré la nuit, malgré la pluie.
Une vague l'engloutit, il se redresse fièrement, replonge aussitôt, se cabre comme un étalon. Malmené, bousculé au près serré, il remonte le vent toutes voiles bordées.
Rien ne l'arrête, surtout pas la tempête.
Cap sur l'île au Nord.
Demain aux premières lueurs du levant, si tout va bien, s'il tient la route, il l'accostera.
Sa coque craque et gémit tandis qu'il pourfend les flots malgré la nuit, malgré la pluie.
Une vague l'engloutit, il se redresse fièrement, replonge aussitôt, se cabre comme un étalon. Malmené, bousculé au près serré, il remonte le vent toutes voiles bordées.
Rien ne l'arrête, surtout pas la tempête.
Cap sur l'île au Nord.
Demain aux premières lueurs du levant, si tout va bien, s'il tient la route, il l'accostera.
souvenirs de navigation réveillés par le vent
mercredi 12 novembre 2008
La petite chambre
Sous la pluie, tout est calme. Cette nuit le vent a arraché quelques touffes rousses aux grands arbres mais il reste assez de couleurs pour habiller la forêt.
Novembre.
Arrêt sur image.
Un souvenir de vendanges.
Tiens, j'avais oublié ce souvenir ! Du fond de ma mémoire, il vient de ressurgir. C'est sans doute le goût de l'automne qui me l'a rappelé ou cet d'oiseau qui vient de chanter.
Après la journée de travail dans les vignes, nous séchions nos vêtements devant la grande cheminée. La chaleur du foyer apaisait les dos meurtris d'avoir dû tant se pencher pour couper les grappes juteuses.
Affamés, nous dévorions autour d'une grande table en buvant le sang de cette terre d'Anjou, un nectar pour nos palais assoiffés.
Quand la fatigue tombait, chacun se pressait d'aller se coucher.
La maison était assez vaste pour accueillir toute notre équipe. Les premiers venus avaient choisi les meilleures chambres. J'étais parmi les derniers arrivés.
La petite pièce du haut n'était ni confortable ni chauffée mais elle était ouverte sur les étoiles.
Je me souviens comme les nuits y étaient belles.
Je me souviens comme j'ai apprécié cette chambre perchée sous le toit de la maison des vendangeurs.
Novembre.
Arrêt sur image.
Un souvenir de vendanges.
Tiens, j'avais oublié ce souvenir ! Du fond de ma mémoire, il vient de ressurgir. C'est sans doute le goût de l'automne qui me l'a rappelé ou cet d'oiseau qui vient de chanter.
Après la journée de travail dans les vignes, nous séchions nos vêtements devant la grande cheminée. La chaleur du foyer apaisait les dos meurtris d'avoir dû tant se pencher pour couper les grappes juteuses.
Affamés, nous dévorions autour d'une grande table en buvant le sang de cette terre d'Anjou, un nectar pour nos palais assoiffés.
Quand la fatigue tombait, chacun se pressait d'aller se coucher.
La maison était assez vaste pour accueillir toute notre équipe. Les premiers venus avaient choisi les meilleures chambres. J'étais parmi les derniers arrivés.
La petite pièce du haut n'était ni confortable ni chauffée mais elle était ouverte sur les étoiles.
Je me souviens comme les nuits y étaient belles.
Je me souviens comme j'ai apprécié cette chambre perchée sous le toit de la maison des vendangeurs.
lundi 3 novembre 2008
Magie
14h25,
il m'attend, je vais être en retard à cause des travaux sur la route.
Deux déviations, route coupée, pourquoi suis-je déviée ?
Est-ce un signe qui m'indique que je ne dois pas y aller ?
Déjà deux dîners que je refuse de passer avec lui. J'ai toujours fui son contact, il me fait froid dans le dos. Je n'aime pas le croiser chez mes amis.
Aujourd'hui, j'ai accepté de le rencontrer car il a demandé mon aide.
Je peux l'aider, je peux aussi y laisser des plumes.
C'est le risque. Un risque que je cours avec chaque personne que j'aide de cette façon.
C'est pourquoi je me préserve car des plumes, j'en ai perdu beaucoup. Trop.
J'arrive enfin. Il me guettait, plein d'espoir.
Pas de bavardage inutile, je lui explique la nature de mon travail et les conséquences que cela pourrait avoir sur sa vie. Il est prêt.
Le travail commence. Cet homme est brisé. Je pose mes mains sur sa tête, puis sur ses genoux meurtris.
La magie opère tranquillement, c'est pour moi qu'elle opère car,
d'un coup, je ne vois plus l'homme malsain qu'il me paraissait, mais un être sensible, doux, intelligent et perdu.
Je vois sa beauté et l'enfant qu'il était.
Les mots franchissent mes lèvres avec douceur et font mouche.
Dans cet instant, mon coeur s'adresse à son coeur.
Nous sommes un faisant partie d'un tout.
Je sens qu'il se sent compris et s'abandonne à mes paroles, à mes gestes avec une confiance touchante.
Son visage se détend. Il a un regard pur et innocent.
En repartant, je ressens de la fatigue mais je me demande qui de nous deux a le plus soigné l'autre.
Moi ses blessures ou lui les miennes qui m'avaient fermée à lui ?
il m'attend, je vais être en retard à cause des travaux sur la route.
Deux déviations, route coupée, pourquoi suis-je déviée ?
Est-ce un signe qui m'indique que je ne dois pas y aller ?
Déjà deux dîners que je refuse de passer avec lui. J'ai toujours fui son contact, il me fait froid dans le dos. Je n'aime pas le croiser chez mes amis.
Aujourd'hui, j'ai accepté de le rencontrer car il a demandé mon aide.
Je peux l'aider, je peux aussi y laisser des plumes.
C'est le risque. Un risque que je cours avec chaque personne que j'aide de cette façon.
C'est pourquoi je me préserve car des plumes, j'en ai perdu beaucoup. Trop.
J'arrive enfin. Il me guettait, plein d'espoir.
Pas de bavardage inutile, je lui explique la nature de mon travail et les conséquences que cela pourrait avoir sur sa vie. Il est prêt.
Le travail commence. Cet homme est brisé. Je pose mes mains sur sa tête, puis sur ses genoux meurtris.
La magie opère tranquillement, c'est pour moi qu'elle opère car,
d'un coup, je ne vois plus l'homme malsain qu'il me paraissait, mais un être sensible, doux, intelligent et perdu.
Je vois sa beauté et l'enfant qu'il était.
Les mots franchissent mes lèvres avec douceur et font mouche.
Dans cet instant, mon coeur s'adresse à son coeur.
Nous sommes un faisant partie d'un tout.
Je sens qu'il se sent compris et s'abandonne à mes paroles, à mes gestes avec une confiance touchante.
Son visage se détend. Il a un regard pur et innocent.
En repartant, je ressens de la fatigue mais je me demande qui de nous deux a le plus soigné l'autre.
Moi ses blessures ou lui les miennes qui m'avaient fermée à lui ?
samedi 1 novembre 2008
Le Mat

Le Mat avance le nez en l'air, ne semblant pas se soucier d'un chien qui déchire son vêtement, pas plus qu'il n'écoute les scrupules qui pourraient le retenir.
Il marche comme s'il était poussé à tout quitter pour aller vers autre chose, une autre vie.
Vers l'inconnu.
Pour tout bagage un maigre sac. Il ne s'encombre pas de ce qui pourrait alourdir sa marche.
Il laisse le passé derrière lui et seule compte son envie d'avancer.
Est-ce un fou ? Est-ce un sage ?
Il ne regarde pas où il met les pieds. Est-il imprudent ou alors guidé ?
Le Mat est imprévisible. Parfois fou, parfois sage, il est libre d'être ce qu'il veut et suit son intuition.
Il va tranquillement vers un nouveau destin, de nouvelles expériences.
Il marche comme s'il était poussé à tout quitter pour aller vers autre chose, une autre vie.
Vers l'inconnu.
Pour tout bagage un maigre sac. Il ne s'encombre pas de ce qui pourrait alourdir sa marche.
Il laisse le passé derrière lui et seule compte son envie d'avancer.
Est-ce un fou ? Est-ce un sage ?
Il ne regarde pas où il met les pieds. Est-il imprudent ou alors guidé ?
Le Mat est imprévisible. Parfois fou, parfois sage, il est libre d'être ce qu'il veut et suit son intuition.
Il va tranquillement vers un nouveau destin, de nouvelles expériences.
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