dimanche 28 décembre 2008

Instant





Il est reposant de ne penser à rien
Regarder défiler la rivière des pensées
emportées par le courant
sans essayer d'accrocher une idée
Laisser filer...
Etre bien
dans l'instant

dimanche 21 décembre 2008

L'ours


Solstice d'hiver.
Dans la forêt limpide, les feuilles de chêne en tapis bruns sous mes pas guidés par la lumière de l'ours.
L'odeur de l'iode a traversé la colline pour se mêler au parfum des pins.
Terre dénudée je suis. Dépouillée de ce qui n'est plus, mise à nu. Vulnérable et fragile. Vidée de mes forces.
Premier jour de l'hiver, l'heure du repos est venue. Comme l'ours, j'entre dans ma grotte afin de laisser opérer l'alchimie intérieure.
Au plus profond de la terre endormie, les graines commencent à germer.
C'est l'appel de la vie qui l'emporte sur la mort.
Les jours rallongent. La lumière triomphe des ténèbres.
Au plus profond de moi, une étoile vient d'apparaître, un enfant soleil.
Sa chaleur m'éclaire déjà.
Mon corps vibre en harmonie avec la nature.
Je suis l'ours,
Je suis la terre
Je suis la graine

mercredi 17 décembre 2008

Karma

4h10, elle se réveille en sursaut. Encore ce rêve étrange et insistant qui revient depuis quelques nuits : Un homme lui tend les bras. Paroles douces. Mots d'affection.
Cet homme, elle le connaît depuis des siècles.
Son regard, elle l'a reconnu dès le premier rêve fait un an auparavant. Il avait allumé une étincelle, une troublante impression de déjà vu, d'irrésistible attraction subtile.
Au fil des mois qui ont suivi ce rêve, des morceaux de mémoire sont remontés à sa conscience, semblant lui montrer que chaque situation vécue au présent ressemblait à des souvenirs liés à cet homme du passé.
Des souvenirs chargés d'émotions qui jaillissaient presque intactes, ravivant des douleurs enfouies qu'elle aurait préféré ignorer mais qu'elle dû traverser comme une tempête.
Maintenant, elle est fatiguée de tout ça et voudrait oublier ce passé qui n'est plus, oublier cet homme et vivre au présent, mais il y a ces appels qu'elle reçoit dans ses rêves, qui l'arrachent des bras de Morphée.
Cet homme visitera ses nuits tant qu'ils n'auront pas fait la paix. Cette paix tant souhaitée depuis des siècles.

lundi 15 décembre 2008







Matin de décembre


samedi 13 décembre 2008

Lilith





La pleine lune représente pour moi le jour dans la nuit.
Quand on observe les choses à la lumière de sa rondeur, tout devient plus clair.
Les ombres prennent un relief qui révèle une autre vérité de l'intérieur des choses et des êtres.
A la pleine lune, le caché se dévoile.
Les réponses aux questions des jours précédents surgissent avec simplicité, les illusions de la nuit s'estompent.
On distingue mieux les chemins .

jeudi 11 décembre 2008



Juste pour le plaisir de la lumière de ce jour-là.

lundi 8 décembre 2008

Message du chien


Il fut un temps où mon coeur ne bondissait plus dans ma poitrine et ne produisait plus les étincelles joyeuses qui rendent la vie pétillante. La flamme paraissait avoir été éteinte par un raz de marée qui venait d'engloutir ma vie, me plongeant dans l'errance d'une nouvelle quête.
Durant ma marche dans le désert, quelques comètes ont traversé mon ciel, éclairant les illusions d'une nuit que je croyais éternelle.
Progressivement, je me suis rapproprié ma vraie nature. J'ai accepté ce que je refusais avant, mais j'ai aussi refusé ce que j'acceptais trop souvent dans cet "avant" parsemé de souffrances et de faux semblants.
J'ai appris à être de plus en plus fidèle à ce que je suis, envers et contre moi-même.
Cet apprentissage a beaucoup exigé mais m'a montré l'essentiel : malgré les discordes et les caprices de la vie, il m'est impossible de ne plus aimer ceux que j'ai aimés. Mon coeur ne peut oublier les chemins qui mènent à eux, ils sont gravés en moi.
Parfois mon âme leur rend visite et rapporte quelques souvenirs de réconciliation et de pardon qu'elle dépose dans mes rêves comme des cadeaux précieux.

lundi 1 décembre 2008

L'île au nord

Le bateau tourmenté se déchire contre les assauts d'aquatiques murs lunatiques.
Sa coque craque et gémit tandis qu'il pourfend les flots malgré la nuit, malgré la pluie.
Une vague l'engloutit, il se redresse fièrement, replonge aussitôt, se cabre comme un étalon. Malmené, bousculé au près serré, il remonte le vent toutes voiles bordées.
Rien ne l'arrête, surtout pas la tempête.
Cap sur l'île au Nord.
Demain aux premières lueurs du levant, si tout va bien, s'il tient la route, il l'accostera.


souvenirs de navigation réveillés par le vent